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vendredi 14 août 2009

Saint-Pierre-et-Miquelon, où la France est voisine de l'Amérique du Nord


Histoire - Géographie :


L’archipel et non l'Île de Saint-Pierre-et-Miquelon (SPM) puisque composé de trois îles principales : Saint-Pierre, Miquelon et Langlade et d'îlots secondaires : Île aux Marins, Le Grand Colombier
Cet archipel est situé à environ  vingt cinq kilomètres des côtes du Canada : de l'Île de Terre-Neuve précisément.

4 750 km le séparent de La France métropolitaine. Donc pas si loin que cela... sauf que depuis la métropole, il faut aller jusqu'à Montréal et puis ensuite revenir sur ses pas. Et comme la concurrence dans le domaine des transports aériens (comme dans beaucoup d'autres d'ailleurs) sur l'archipel est aux abonnés absents, le voyage MontréalSaint-Pierre ne laisse pas que des bons souvenirs au portefeuille !

Le premier européen à poser le pied sur SPM fut le navigateur portugais Joas Alvarez Fagundes, qui le baptisa " l'archipel des onze mille vierges". Tour à tour français puis anglais, puis finalement français depuis 1816, l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon est minuscule : 242 km². Surtout Saint-Pierre dont la superficie n’excède pas 26 km² et où se concentre malgré tout presque 90 % de la population soit une densité de 219 hab/km²...

En général et surtout à Saint-Pierre, le sol est pauvre ; usé par l’érosion glaciaire, le climat et le déboisement excessif depuis le XVIIème siècle. Quelques bosquets de sapins baumiers nains essaient tant bien que mal de s'accrocher au sol et les tentatives agricoles se sont bien souvent soldées par des échecs. Quelques exploitations surtout d'élevages subsistent, surtout sur les presqu'îles de Langlade et Miquelon.
Hormis durant les années 1920 qui vit le développement d'une activité économique florissante de contrebande liée à la prohibition d'alcool aux États-Unis, c'est l'activité de pêche à la morue (autrement appelée cabillaud) qui a longtemps été le poumon économique de l'archipel. Pourtant, le passage au stade industriel à la fin des années 50 sans tenir compte de l'écologie de ce poisson a marqué la fin de l'âge d'or. Ces excès de prises ont entraîné de tels dommages sur les populations de morues que celles-ci sont devenues rares. D'où des tensions extrêmes avec le voisin canadien. Tant et si bien que l'incident voire l'accident diplomatique n'a été évité que de justesse mais que la pêche a été interdite par le Canada suite à l'arrêté de justice de 1992 de la cour arbitrale de New York sur les Grands Bancs de Terre Neuve.  Plusieurs décennies plus tard, les population de morue ne se sont toujours pas reconstitués...

Cet archipel est l'un des sept territoires français en Amérique et reste l'unique vestige de ce que fut la Nouvelle France

Avec le recul, quelques similitudes avec la Nouvelle Calédonie :
  • Des vestiges, des parcelles de France à la limite de voisins anglais géants. À croire que la France n'a récupéré que les miettes de l'empire britannique, miettes que notre voisin a bien voulu nous laisser...
  • Une situation administrative particulière : collectivité territoriale avec de larges libertés de gestion.
  • Un surnom identique : "Le Caillou".
Dans le petit ATR d'Air St Pierre dans lequel nous voyageons, l'atmosphère paraît conviviale. On sent que la majorité des gens se connaissent. Nous nous rendons à Saint-Pierre pour retrouver des membres de la famille expatriés quelques années. Ils nous ont concocté un programme exhaustif de visites et de découvertes sur une semaine, durée idéale pour découvrir l'archipel
Et coup de chance assez extraordinaire : le beau temps sera de la partie tout au long de notre séjour avec des températures autour de 25 ° C. Aucune trace de brumes ni de brouillards, caractéristiques de SPM et dus à la rencontre du courant froid du Labrador et du courant chaud du Gulf Stream. Même si ces brouillards sont de qualité, on s'en passe avec joie. C'est pas un coup de bol, ça ?

Malgré la petitesse de l'archipel, plein de balades et de découvertes peuvent être faites :


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Île de Saint-Pierre :


Ville de Saint-Pierre :


Sur Saint-Pierre, la découverte de la ville même. Ressemble en fait à une ville canadienne avec ses rues à angles droits, ses maisons de bois aux couleurs vives. Nichée au bord de l'eau (plus de vues dans la vidéo finale) :




Pointe aux Savoyards :


En suivant la route qui longe la côte sud de l'Île de Saint-Pierre, on arrive à l'Anse à Brossard et à la Pointe de Savoyard après avoir contourné l'étang du même nom. Dans cette anse, une des uniques plages de l'île. Et de cette pointe on aperçoit les côtes de Langlade :






Balade de l'Anse à Henry :


On a eu la chance de pouvoir faire la balade qui chemine à travers la partie nord de l'Île de Saint-Pierre jusqu'à l'Anse à Henry de laquelle Le Grand Colombier (réserve ornithologique) se dévoile. Le socle rocheux affleure et seules les herbacées rases dont des plantes carnivores  telles Drosera rotundifolia et Drosera intermedia peuvent se développer :





L'Anse à Henry et le Grand Colombier sous le soleil et le ciel et la mer bleus sont superbes. Là quelques sapins baumiers poussent à l'abri des vents dominants. Mais ils sont bien malingres :






L'Île aux Marins :


Enfin, découverte de l'Île aux Marins (50 hectares) située en face de Saint-Pierre, à moins d'un km soit environ ¼ d'heure de navette. Île habitée jusque dans les années 60, elle était autrefois appelée Île aux Chiens. Durant la belle saison, elle était occupée par les petits pêcheurs qui pratiquaient la pêche côtière. Depuis la fin des années 80, cette île renaît grâce au tourisme et ses caractéristiques patrimoniales. Elle est en quelque sorte devenue une île musée
Quelques bâtiments subsistent dont l'Église Notre Dame des Marins, le musée Archiplétude qui expose de nombreux objets de la vie quotidienne de l'époque de "la Grande Pêche", un cimetière, une mairie, un presbytère et une vingtaine de maisons de particuliers restaurées :








Du haut du Cap à Baudry, belle vue sur le paysage environnant. À voir dans la vidéo...

Et bizarrement, la proue d'une carcasse rouillée d'un bateau, le Transpacific... dans l'Atlantique Nord. Il s'agirait d'un cargo allemand échoué sur le sud de l'île le 18 mai 1971 lors d'une tempête suite à des problèmes de détection radar. Il semble qu'il n'y ait eu aucun survivant. Mais la cargaison ne fut pas perdue pour tout le monde :




Et enfin nous avons fait deux sorties en mer.

Tour zodiac et merveilles de l'océan :


Cette balade Tour zodiac et merveilles de l'océan permet d'approcher :

  • la faune marine représentée par des phoques. Nous n'aurons pas la chance d'observer ni dauphins, ni baleines à bosse ni autres orques 
  • aviaire : macareux, pétrels, mouettes, canards, sarcelles, sternes arctiques ...
  • quelques spécimens de cerfs de Virginie introduit dans l'archipel en 1953 au sommet des falaises de Langlade (Ailes Blanches).

À voir dans la vidéo à la fin de l'article...


Miquelon et Langlade :



Langlade :


Visite guidée de Miquelon Langlade "Chez Janot" durant laquelle on découvre les presqu'îles de Langlade et Miquelon que ce soit d'un point de vue géographique  ou historique. Avec là encore la possibilité d'observer la faune et la flore locales. Après une heure de traversée en zodiac qui secoue pas mal entre Saint-Pierre et l'Anse du Gouverneur sur Langlade, on prend un bus qui ressemble comme deux gouttes d'eau aux transports scolaires nord américains. Direction la ferme Olivier puis le petit Barachois. Ensuite retour au restaurant "Chez Janot" avec dégustation d'un repas à la française. Qui ne fait pas de mal après plusieurs semaines au régime nord américain ;-).



Puis on reprend le bus et on chemine le long de la route construite sur l'isthme sédimentaire créé par la nature à la fin du XVIII è siècle pour rejoindre "la Dune", partie nord de l'isthme après avoir longé le "Grand Barachois". Il s'agît de la lagune comprise entre la bande est étroite de l'isthme (branche des Buttereaux) et la bande ouest plus large :






Miquelon :


Après une petite excursion à l'Étang de Mirande, on visite la ville de Miquelon : ses bâtiments administratifs, ses maisons d'habitations, son église, son musée où sont visibles des objets de la vie quotidienne organisés en six thèmes (six salles) et son commerce :




Point faible de cette excursion : la musique "bal musette" déversée en continu par les hauts parleurs du bus. Et pas en sourdine. Lassant au bout de plusieurs heures...

Un petit résumé vidéo de cette agréable expérience de Saint-Pierre-et-Miquelon :




Et est venu le moment de repartir. Vers Halifax cette fois. Ultime étape de notre périple nord américain 2009. Un grand merci à nos hôtes.





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