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mercredi 26 octobre 2011

Une perle : l'Île des Pins


La traversée :


Direction l'Île des Pins au sud de la Grande Terre pour 4 jours d'une parenthèse enchantée ! 
L'île est vraiment magnifique, sous le soleil c'est un véritable bijou ! La Nouvelle Calédonie version carte postale, l'idée que l'on peut se faire du paradis !!
Alors ATTENTION, ne lisez pas cet article si vous en avez marre du boulot, de la grisaille de la Toussaint, du froid et de tout ce qu'on ne regrette pas de la métropole ! Vous risquez de pâlir (déjà qu'il ne doit pas vous rester beaucoup du bronzage de l'été !) en nous imaginant sous le soleil du Pacifique Sud, sur une île paradisiaque... 
Excusez-nous, mais comme le disait Albert Camus, "Il n'y a pas de honte à préférer le bonheur !"
Deux possibilités : l'avion ou le bateau. Comme 20 min de vol depuis Nouméa coûte la bagatelle de 130€ à 150€ / personne environ pour 110 km, le choix est vite fait et on se reporte sur le bateau. 
Des tarifs ineptes, prohibitifs. En un mot, honteux !

Nous avons donc embarqué mercredi 26 octobre 2011 à 6h30 du matin, sur le seul bateau qui fait la traversée : le Betico (surnommé aussi le Vomito) :


Et c'est parti pour 2h30 de voyage remuant et en partie sous la pluie, super !
On laisse Nouméa et sa baie derrière nous :







La Baie de Kuto


Et miracle, en arrivant près de l'île, le soleil est là, resplendissant !

Les superlatifs élogieux au sujet de cette île sont nombreux. En voici deux qui auraient été proférés par des personnages historiques :
 – le premier par capitaine italien Giuseppe Ambrosino commandant le Fairstar et habitué des contrées du pacifique Sud : "La plus belle île de la planète"
 – le second par  Andrew Chayne, explorateur britannique : "Un si beau coin de la Création".

Les mélanésiens de l'île appelés Kunié forment une population d'environ deux mille personnes réparties en plusieurs tribus dirigées par un Petit Chef, petits chefs sous l'autorité suprême d'un Grand Chef : Hilarion Tumi Vandégou, issu de la tribu de Vao et maire anti-indépendentiste de l'Île des Pins



Bon, le débarquement se passe à la mode du coin, c.à.d que c'est le b....l ! Chacun doit se débrouiller pour récupérer ses bagages dans les tas déposés sur le débarcadère et vu leur nombre, ce n'est pas une mince affaire.

Nous nous sommes installées au Gîte Nataiwatch, dans un bungalow à la déco mélanésienne, super sympa sous les cocotiers et pins et fougères : 




Baie de Kanumera :


Et le rêve : à 100 m du gîte à pied, s'offre à nous la magnifique Baie de Kanumera, les couleurs de l'eau sont stupéfiantes, le sable extraordinairement fin et doux et blanc. Enfin une plage digne de ce nom en Nouvelle Calédonie
On retrouve l'esprit des photographies publiées à l'envie dans les sites ou dépliants touristiques qui vantent la Nouvelle Calédonie.
Un navire de croisière croisé dans la Baie de Kuto rempli d'Australiens a déchargé sa cargaison. Mais rapidement, l'heure du départ sonne pour eux et on a bientôt la plage pour nous seuls. Elle est pas belle la vie ? 
À ce propos, le tourisme à l'Île des Pins n'est pas un tourisme de masse et industriel avec des constructions et infrastructures touristiques omniprésentes. Les Kunié doivent y être pour quelque chose...

Sensations qui n'ont plus rien à voir avec celles de la "Grande Terre".



Le rocher de Kanuméra (photo ci-dessus), rocher sacré pour les Kunié, a été le théâtre d'un meurtre non élucidé, celui de Mika Kusama, touriste japonaise dont le corps sans vie mutilé et à ½ carbonisé a été retrouvé au sommet en mai 2002. Cette affaire met en lumière les faiblesses judiciaires qui prévalent ici. 

L'occasion est trop belle de faire de la randonnée palmée (PMT), même si l'eau n'est qu'à 24°C. Brr, c'est frais ! Mais les fonds sableux ne sont pas propices à la vie sous marine...





Il faut faire attention à la vie sauvage du coin. Le tricot rayé est le seul animal dangereux de Nouvelle Calédonie. On le trouve dans l'eau et sur terre et sa morsure est très dangereuse. Heureusement sa gueule est petite...




Baie de Kuto :


On fait ensuite une petite balade le long de la mer jusqu'à la Baie de Kuto, tout aussi belle que depuis la mer ! Le débarcadère se situe dans cette baie :






Entre Kuto et Kanuméra :


Je ferais seul une petite balade sur la presqu'île entre la baie de Kuto et la baie de Kanumera. Avec là encore des rencontres avec des tricots rayés :



On comprend rapidement pourquoi cette île est nommée de la sorte. Petite précision : les pins colonnaires  endémiques qui ont colonisés cette île n'appartiennent pas à la famille des Pinacées. 
Ce sont en fait des araucarias : Araucaria columnaris. Donc rien à voir en fait avec des pins sauf la silhouette peut-être qui a induit James Cook dans l'erreur.











Au retour, je rejoins la route vers le gîte. Route qui chemine sous un tunnel formé par les branches des bugny, arbres séculaires ici et dans un silence religieux. 





Nous profiterons d'un beau coucher de soleil sur la baie de Kanumera :



Voilà pour cette première journée sur l'enchanteresse Île des Pins

La suite : notre journée en voiture autour de l'île, très prochainement.






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samedi 25 juin 2011

Nouvelle Calédonie : Prony


Le Grand Sud. C'est ainsi que les Calédoniens appellent le sud de la Grande Terre. Une appellation qui titille l'imaginaire, qui renvoie à des clichés. Les paysages de Patagonie nous ouvre leurs bras...


Bon en Nouvelle Calédonie, on n'en est pas encore là ! Quoique : malgré la petite taille de l'île, par moment on se surprend à perdre son regard sur le vaste horizon.

Il suffit de quitter les faubourgs de Nouméa, et on se retrouve au milieu de nulle part. À perte de vue, la latérite rouge car riche en oxydes de fer, dure ; telle des balafres rouge sang au milieu de la maigre végétation du maquis minier. Ces stigmates rappellent le désir inassouvi de l'être humain de toujours plus exploité son milieu sans se soucier outre mesure de l'après. Ici pour l'exploitation minière du nickel et du cobalt, deuxième ressource économique du territoire (après les transferts financiers de la métropole).
Une terre calédonienne riche en minerais (nickel, cobalt, chrome, fer, ...) mais pauvre en minéraux essentiels à la croissance végétale d'où cette végétation arbustive et herbacée du maquis minier qui couvre 23 % de la surface de l'archipel calédonien.
Les paysages du Grand Sud sont arides et austères.

Une petite carte pour se repérer :



Afficher Nouvelle Calédonie : le Grand Sud sur une carte plus grande



Sur la route de Prony :


Passage toujours hasardeux de la commune du Mont-Dore :


Donc, en route vers Prony et sa baie. 
Première étape, passer les environs de la tribu de Saint Louis dans la commune du Mont-Dore et ses caillassages des voitures en circulation sur la RP 1 par sa jeunesse désœuvrée. Depuis la fin de l'année 2011, la situation s'est améliorée avec une volonté politique affirmée de faire cesser cette mauvaise publicité et un engagement des chefs tribaux mais le risque était bien réel avant cette date surtout le week-end au crépuscule (au retour)... En outre, cette tribu s'est taillée une solide réputation dans le domaine des "incivilités" : elle est connue pour avoir été le lieu de nombreux affrontements violents entre les communautés mélanésiennes et wallisiennes courant de l'année 2002 et reste une zone de non droit : lieu de refuge des voleurs de tout acabit qui ainsi échappent aux "forces de l'ordre". 

Essayer d'éviter la route expresse du Mont-Dore à péage même si la vue sur la baie vaut le détour :




Les routes du Grand Sud :


Le Mont-Dore et ses fontaines d'eau de source en libre accès laissé derrière nous, la route devient très vite déserte, sinueuse et en mauvais état.





Les panoramas le long de cette route sont à couper le souffle. C'est le Grand Sud, assurément :



Malheureusement, l'être humain se rappelle à notre bon souvenir :


Décharge sauvage sur la route du Grand Sud, Nouvelle Calédonie



La Rivière des Pirogues :


On passe le col de la Rivière des Pirogues dont le nom viendrait des pirogues emportées vers le lagon lors des épisodes de crues. Il faut d'ailleurs bien se renseigner avant de s'engager sur ces routes. Les fortes pluies entraînent une montée rapide du niveau des eaux et l'absence de ponts dignes de ce nom (ce sont plutôt des gués) et de pistes de latérite qui deviennent très glissantes une fois mouillées rendent aléatoire la conduite dans le Grand Sud.


Le passage du pont de la Rivière des Pirogues se passe sans encombre mais il n'est pas bien haut au dessus de la surface de l'eau :



On passe des gués. Heureusement que le temps a été plutôt sec ces derniers temps :





Col de Prony :


On regrimpe ensuite pour atteindre le col du Crève-Cœur de Prony qui abrite une ferme d'éoliennes qui lorsque le vent souffle font un bruit du tonnerre. 
Un petit sentier aménagé de marches à partir du parking au sommet du col permet de faire une petite grimpette ce qui dégage la vue sur les environs : la plaine du Champ de Bataille, lieu où ont eu lieu des batailles sanglantes entre tribus mélanésiennes et aujourd'hui reboisée de kaoris et de pins (politique volontariste de la Province Sud).





Quelques tournants plus loin, on prend à droite sur la piste. Les fossés très profonds qui bordent la piste obligent à la prudence, surtout que de profondes ornières traversent cette même piste :







Prony :


Et enfin, après une bonne heure de route depuis Nouméa, c'est la vue sur la Baie de Somme et les îlots de Montravel et de Casy depuis un belvédère aménagé en bordure de piste. 
L'îlot Casy (au centre de la photo) baptisé en 1854 en l'honneur de l'Amiral Casy où il a été question de construire un hôtel avec toutes les dégradations environnementales associées : l'alimentation électrique devait se faire par un câble aérien depuis la rive est... Projet finalement abandonné. Ouf ! 
À l'époque coloniale, l'Îlot Casy était le potager du bagne de Prony. Aujourd'hui, des sentiers balisés au cœur de ses 40 ha permettent de découvrir la flore (dont sept variétés d'orchidées) et son passé historique.

Juste derrière l'Îlot Casy commence la Baie de Prony proprement dite, baie protégée par les reliefs environnants et qui sert de refuge aux bateaux en période cyclonique. Ce qui lui a donné son nom : "le trou à cyclones" :






Balade de Prony :


On descend au parking au bord de la Baie de la Somme et c'est parti pour la balade de Prony sur le PR / PRO 2. Cette balade mène jusqu'aux vestiges du bagne, soit à peu près quatre km si on fait la boucle, sur les traces de ces hommes qui ont tant souffert. Quel terrible passé colonial.


Source Google Maps

Avant de débuter les choses sérieuse, le réconfort : un petit pique nique près du warf :



Le sentier est bien balisé, une fois n'est pas coutume et nous fait passer par de la forêt primaire, du maquis et aussi le long de la baie, nous offrant de très beaux panoramas :




Quelques vestiges d'un des cimetières des condamnés avec une partie pour les bagnards et une autre pour les gardiens. 
Les bagnards  étaient ici soit des "transportés" soit des "relégués" :

  • les "transportés" ou forçats étaient des condamnés de droit commun transférés en Nouvelle Calédonie à partir de 1866. Ils ont été 22000 et tous astreints au travail. Ici, ils ont exploité les forêts alentours de 1867 à 1912. Les condamnés à plus de huit ans et les récidivistes étaient interdits de retour en France.  
  • les "relégués" étaient des condamnés à de petites peines mais trois fois récidivistes et bannis de France. Ils n'étaient pas astreints au travail.

Tombes de bagnards marqués par des coquillages (Prony)

Une troisième catégorie de bagnards existe en Nouvelle Calédonie : les "déportés", condamnés politiques issus essentiellement de la Commune de Paris en 1871 et par suite aussi appelés "Communards". Ils ont été relégués à l'Île des Pins ou à Ducos pour les plus dangereux.

Une partie de ce cimetière est donc réservée d'une part aux gardiens de la transportation et de la relégation, et d'autre part aux colons libres et travailleurs étrangers (japonais employés par la société Le Chrome). On y retrouve des tombes rectangulaires (européennes) et rondes (japonaises où les morts étaient mis en terre accroupis).

Toutes les tombes sont anonymes bien que la liste officielle des personnes enterrées existe. Il n'y avait ni lieu ni homme de culte au village de Prony.



On passe devant un site juste avant d'arriver au village où sont exposés les différents types de torture infligées aux bagnards récalcitrants : par exemple condamnés à rester plusieurs jours dans une caisse trop petite et ce en position debout...

Depuis le fermeture du bagne il y a environ un siècle, la nature a repris ses droits et les racines de banians recouvrent les maçonneries :



Malgré ce passé colonial bien lourd, le vieux village de Prony qui doit son nom au baron deProny, noble et inventeur de son état ; est maintenant charmant voire anachronique puisque les habitations sont ici dépourvues d'électricité. Après avoir été abandonné, il est dorénavant habité le week-end par des caldoches. Ne reste du pénitencier que de pauvres murs en ruines...





Des bancs disposés juste après le village permettent de se reposer au pied de gigantesques pins colonnaires en admirant la mer :



Le sentier continue en bord de mer et offre des vues superbes sur la baie. Ici, pas de plages de sable blanc mais une mer couleur rouille sur des plages de terre rouge :



Le retour se passe en bord de mer avec de très belles vues mais par endroit est très casse g...e : il vaut alors mieux regarder ses pieds !



Et le résumé en vidéo de cette escapade dans le Grand Sud, de la balade de Prony :



Prochain épisode de notre découverte de la Grande Terre, un périple de quatre jours sur la côte est de la Province Nord.





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