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jeudi 6 août 2009

Canada : derniers pas en Alberta


La frontière États-Unis - Canada :


Nous revenons de notre visite aux parcs nationaux de Yellowstone et de Grand Teton. Les paysages juste avant la frontière témoignent des incendies violents survenus dans un passé récent sur des dizaines de km :



Le passage de la frontière dans le sens États-UnisCanada se passe beaucoup plus aisément que dans l'autre sens. La border patrol yankee se la péterait un peu trop en faisant du zèle que cela ne nous étonnerait pas...



Nous avons voulu passer la frontière en passant par le Parc des Glaciers, à cheval sur la dite frontière. Ces deux parties du même parc appelées "Glacier National Park" aux États-Unis et "Waterton Glacier International Peace Park" au Canada ont été réunies en 1932 pour créer le premier parc international de la paix. Et ce pour commémorer la paix, la bonne volonté et la coopération entre le Canada et les États-Unis. Fichtre !
A l'accueil, côté États-Unis, mauvaise nouvelle : les véhicules de plus de 7,5 m de long ne sont pas autorisés à entrer car les routes deviennent rapidement étroites et sinueuses. Et le RV (Recreational Vehicle) avoisine les 8 m de long. Il ne nous reste plus qu'à contourner le parc par le sud est... Scrogneugneu !

En tous les cas, nous revoilà dans la province de l'Alberta, pays de la rose sauvage, comme le confirme le panneau :



Waterton Glacier International Peace Park :


Et comme on a de la suite dans les idées, on retourne dans le "Waterton Glacier International Peace Park". Et là pas de problème de gabarit...
À l'origine, le 30 mai 1895, le gouvernement fédéral décide de créer le parc forestier du Dominion sur une surface de 140 km². Après une série de changements de statut, de périmètre et de nom, ce territoire devient le Parc National du Canada des Lacs - Waterton. C'est le quatrième parc national créé et  le plus petit des Rocheuses canadiennes avec 505 km². 
La situation géographique particulière du parc a permis la mise en place dans un espace restreint de biotopes et de biocénoses particuliers que l'on ne retrouve nulle part ailleurs dans le monde.



Les lacs Waterton :


Première étape, le lac supérieur Waterton :


Au bord duquel fut construit durant l'hiver 1926 - 1927 l'hôtel Prince de Galles (Prince of Wales Hotel), hiver peu propice à sa construction puisque très venteux avec deux épisodes d'ouragans (vents proches de 150 km/h). Son style rappelle celui des chalets alpins. 


Reconnu comme lieu historique depuis 1933, cet hôtel de chemin de fer a été construit pour offrir un lieu de halte luxueux pour les voyageurs... à dos de cheval qui venait du "Glacier Park" aux États-Unis. Ces voyageurs ne reprenaient le train que dans le Montana. Le trajet jusqu'au Montana étant effectué en cars.


Mais bien que l'on se trouve au Canada, le maître d'ouvrage n'est pas la compagnie Canadian Pacific... mais sa concurrente États-Unienne Great Northern.

Nous ferons des haltes au niveau des autres bassins des lacs Waterton :




Le mauvais temps se met rapidement de la partie et la pluie finit par tomber sans interruption. 
En route vers le nord, rencontre avec un ours noir (Ursus americanus) trempé :


Après une nuit de free camping au sein du parc, en bordure de la route qui mène au premier puits de pétrole de l'ouest canadien, réveil en compagnie d'un couple de cerfs :




Original Discovery N° 1 :


Nous reprenons la route vers le lieu historique de l'extraction pétrolière canadienne. 
Les peuples autochtones connaissaient bien les suintements de pétrole dans cette région. L'exploitation commence à la fin des années 1880 et une certaine utilisation commerciale de ces suintements débute en 1898. La "Rocky Mountain Development Company" commence à forer cet endroit baptisé Original Discovery No. 1 dans la vallée du Cameron en 1901 et découvre du pétrole l'année suivante. La production initiale est de 300 barils par jour de pétrole de haute qualité. Quelque 8100 barils plus tard, ce site est brièvement abandonné quand des outils se retrouvent coincés dans la colonne de forage. Les essais successifs de réouverture du puits restent vains jusqu'à sa fermeture définitive en 1939. Mais la brève réussite initiale encourage la recherche de pétrole ailleurs en Alberta avec la réussite économique et le désastre écologique que l'on sait (sables bitumineux du nord de l'Alberta)...



Nous décidons du fait du mauvais temps et de la date : le 04 août qui nous rapproche du terme de notre séjour en Alberta (et le programme est encore chargé) d'écourter notre visite du parc. 


Fort MacLeod :



Nous reprenons donc la route n° 6 puis n° 3 vers le nord est jusqu'à "Fort MacLeod", petite ville de l'Alberta qui ne nous aurait pas intéressés outre mesure si elle n'avait enfermé en son sein le musée du fort. La GO de la famille adore les musées. Et nous, après plusieurs jours en pleine nature, cela nous semble une bonne approche de la civilisation.
Le fort MacLeod initial a été construit en 1874 et constituait à l'époque le poste de commandement de la Police à cheval, autrement appelée police montée, du Nord-Ouest du Canada. Le musée du fort fait revivre l'histoire de cette époque. 







Le bâtiment du Centenaire, construit pour célébrer le... centenaire du fort, donne un aperçu de la culture traditionnelle des Premières Nations :










Head-Smashed-In-Buffalo Jump Interpretative Centre :


À peu de distance de Fort MacLeod, vers l'ouest, se trouve le "Head-Smashed-In Buffalo Jump Interpretive Centre" ou "Précipice à bisons" selon la traduction donnée de la langue Pied-Noir.
En 1981, l'Unesco a inscrit ce site sur la liste du Patrimoine Mondial au titre de sa valeur culturelle exceptionnelle pour l'humanité.
À l'époque préhistorique, les indiens des plaines tenaient en ce lieu de grandes chasses au cours desquelles l'ensemble de la tribu aidait à rabattre les troupeaux vers le bord de la falaise. Les animaux chutaient d'une quarantaine de mètres et se rompaient l'échine. Les chasseurs achevaient les bêtes qui n'étaient pas mortes sur le coup. Ce précipice a été employé pendant environ 7500 ans par au moins quatre civilisations amérindiennes successives. L'amoncellement d'ossements atteint une hauteur d'une dizaine de mètres au pied de la falaise...
Ce "musée" explique les techniques coopératives utilisées par ces indiens pour subvenir à leurs besoins de chasse :



Les paysages de grandes plaines qui s'étendent à l'infini au pied de la falaise correspondent plus à l'idée que nous nous faisions de la province de l'Alberta :




Kootenay National Park :


Le lendemain, 05 août, nous faisons une dernière incursion en Colombie Britannique pour visiter le "Kootenay National Park".
Pendant des milliers d'années, la région qui est maintenant le Parc National Kootenay fit partie des terres traditionnelles des membres des Premières nations Ktunaxa (Kootenay) et Kinbasket (Shuswap) qui semble t-il les utilisaient comme réserves de chasse saisonnières.
Dixième du pays, ce parc fut établi de part et d'autre de la route 93 en 1920, alors qu'avaient pris fin les travaux de percement de la highway Banff - Windermere qui relie le sud ouest de l'Alberta à la vallée de la Columbia.
Comme pour tous les autres parcs nationaux, l'intégrité écologique du Parc National Kootenay est menacée par une série d'impacts humains : comme l'aménagement, le feu d'origine accidentel ou intentionné, l'introduction de plantes exogènes (c.a.d non indigènes), la fragmentation de l'habitat et les confrontations entre êtres humains et animaux sauvages. Les autorités en charge de la gestion de ces parcs tentent de restaurer et de maintenir l'intégrité écologique des parc nationaux... 
Et oui, les parcs nationaux ne sont pas uniquement des aires de jeux et de détente. Ils sont aussi et surtout des zones où les biotopes et les biocénoses restent susceptibles d'être préservées des destructions anthropiques...




Paint Pots :


Ce qui nous a attiré dans ce parc, ce sont les "Paint Pots" ou pots de peinture dont les peuples natifs puis les européens ont fait usage. 
En jaillissant, les eaux froides fortement chargées d'oxydes de fer (eaux ferrugineuses comme le dirait Bourvil) de ces sources minérales ont formé des mares de glaise ocres. Les native peoples se servaient de ces ocres comme décorations pour des cérémonies ou lors d'échanges commerciaux. La poudre rouge était utilisée comme peinture corporelle, pour peindre les tipis ou les vêtements, ou encore pour les dessins picturaux. 
Ces "Paint Pots" sont considérés encore aujourd'hui comme un haut lieu de la spiritualité indigène. Donc un minimum de respect est de mise comme dans le "Uluru - Kata Tjuta National Park", en Australie.

James Hector, de l'expédition de Palliser, fut probablement le premier Européen à visiter les lits d'ocre. C'est probablement à compter de 1860 que les prospecteurs européens commencèrent à s'intéresser sérieusement à ces ocres. Au début des années 1900, on reconnut la valeur commerciale des lits d'ocre, qui furent activement exploités pour alimenter une usine de colorants de peinture à Calgary
Il y avait toujours des concessions minières lorsque le Parc National Kootenay fut créé en 1920. Mais cette activité a cessé peu à peu puisque ne correspondant pas aux missions de protection des milieux naturels qui incombent entre autres aux parcs nationaux. 


La couleur verdâtre des deux pots les plus grands résulte du mélange d'eau douce provenant d'un petit ruisseau, qui se jette dans le bassin le plus grand :




Banff National Park :


Comme le soleil commence à se montrer généreux et que nous ne sommes pas loin des lacs Louise et Moraine du "Banff National Park" que nous n'avions pu voir que sous la grisaille, on décide de tenter notre chance.
Notre nuit au camping "Two Jack" nous ayant laissé de bons souvenirs, on passera de nouveau la nuit là avant de remplir nos cartes mémoire de nos caméscopes et appareils photos avec les clichés ensoleillés de ces deux lacs.


Calgary :



Le moment du retour sur Calgary pour rendre le RV est arrivé à trop grands pas. Calgary, première ville canadienne à accueillir les Jeux Olympiques d'hiver. 
On rend la bête après avoir fait quelques clichés depuis les installations olympiques qui permettent d'avoir une vue plongeante sur les quartiers résidentiels de la banlieue de Calgary :





Après une nuit dans le confort oublié d'une chambre de l'hôtel "Econolodge Causeway Bay" (la literie du vieux RV donnait des signes plus qu'évidents de faiblesse nous obligeant à utiliser des matelas auto gonflants par dessus), direction le CBD (Central Business District) ou Centre des Affaires de Calgary
Calgary, ville la plus prospère de la plus riche province du Canada... mais à quel prix !
Comme on est le samedi 08 août, ce quartier est fantomatique.  Une jungle de béton, de verre et d'acier silencieuse, vide... Impression bizarre.

Cette plus grande ville de l'Alberta a été bâtie dans la plaine aux confluents des rivières Bow et Elbow. Elle est entourée de collines dorénavant construites et submergées de quartiers résidentiels. Ce n'est pas pour autant la capitale de la province de l'Alberta qu'est Edmonton.

Un peu d'histoire :


Au départ, en 1875, un simple fort : le Fort Brisebois qui deviendra Fort Calgary, fondé par la police montée canadienne afin d'établir un point de contrôle du trafic de spiritueux. L'arrivée du chemin de fer en 1883 marque le début de l'essor véritable de la ville avec une économie agricole : ranch , cow-boys et rodéos
À propos des rodéos, la tradition est toujours vivante avec la grande fête annuelle du rodéo : la "Calgary Stampede" très populaire (réservations fortement conseillées) qui se déroule début juillet durant une dizaine de jours. Une évocation de l'aventure du far west. Contrairement aux croyances populaires, le rodéo est d'origine mexicaine et non nord-américaine. Le terme "rodéo" vient d'ailleurs de l'espagnol "rodear", qui signifie encercler et qui désigne la technique utilisée pour attraper les veaux.



Mais le développement fulgurant de Calgary, elle le doit à la découverte de l'or noir. D'abord en 1914 sur le gisement de "Turner Valley" au sud-ouest de la ville et depuis la seconde moitié du XIX è siècle dans la région d'Edmonton : cf. réserves de pétrole dans les sables bitumineux au nord de la capitale, Edmonton, dans les plaines de la rivière Athabasca. Cette région de l'Alberta contiendrait la deuxième réserve mondiale de pétrole.
Le Canada s'est engagé auprès de son voisin nord américain à multiplier par cinq sa production de pétrole d'ici à 2015... Quand on connaît les conséquences environnementales d'une telle production : destruction des écosystèmes de surface, consommation très importante d'eau, rejet d'eau polluée (jusqu'à une quarantaine de l par tonne d'huile produite) avec risque de contamination des nappes phréatiques, rejets de GES (gaz à effets de serre) suite au chauffage de l'eau, etc... l'idée que l'on se fait  du Canada comme pays à forte préoccupation écologique en prend un grand coup !


Central Business District :


Dans le CBD, le capitalisme triomphant hurle à la face du monde sa toute puissance. Et tant pis pour les dommages collatéraux. Ici au moins, tout est propre, resplendissant, formaté :










Une grande ville égal visite d'un musée. Ce sera le "Glenbow Museum" célèbre pour ses collections d'art et d’artisanat des amérindiens et sa présentation de l'histoire de la colonisation européenne. Et cerise sur le gâteau pour les enfants, une petite exposition Lego :






Badlands :


Pour notre dernière excursion, on louera une berline afin de rejoindre les Badlands (mauvaises terres pour l'agriculture).  Il s'agit d'une zone où les travaux d'érosion de la rivière Red Deer, des précipitations et des cycles gel-dégels ont crée un paysage de falaises et de buttes striées de couches de couleurs différentes :







Hoodoos :


Ici encore des hoodoos ou cheminées de fée : colonnes de roches sédimentaires coiffées de roches plus dures qui les ont préservées de l'érosion.





Royal Tyrell Museum of Paleontology / dinosaur :


Vers la fin du secondaire, la région des Badlands de l'Alberta connaissait un climat subtropical et était habitée de sauriens tels les dinosaures. Leurs nombreux restes fossilisés dont certains quasiment intacts et découverts dès 1884 en font une zone de paléontologie majeure.
Nous avions promis à notre cadet passionné de dinosaures de venir admirer de tels ossements et fossiles même s'il ne s'agit que de reproduction. Chose promise, chose due. Ce sera fait à 6 km au nord-ouest de Drumheller dans le "Royal Tyrell Museum of Paleontology" inauguré le 25 septembre 1985 par Peter Lougheed, premier ministre de l'Alberta :









Et c'est le moment toujours redouté de la fin d'un voyage... 
Même si là, ce n'est que la fin de notre voyage dans l'ouest canadien. Et le début de nos pérégrinations vers l’extrême est du continent. Vers Saint-Pierre-et-Miquelon et plus tard Halifax...

Mais cela sent quand même le retour et la fin des paysages grandioses. Type de paysages que l'on ne reverra pas à ce niveau de beautés ni en Australie ni en Nouvelle Zélande

Mais ceci reste avant tout un avis personnel...






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