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mercredi 15 juillet 2009

The Icefields Parkway


Arrivée à Calgary :


The Icefields Parkway ou "la Promenade des Champs de Glace" est une large voie panoramique réservée au tourisme puisqu'expressément construite dans le but de mettre en valeur la splendeur des paysages. Cette route exceptionnelle relie le "Banff National Park" et le "Jasper National Park". Elle prend naissance au niveau de l'échangeur de la route du lac Louise et de la Transcanadienne n°1 (Trans-canada Hwy n°1).

Avant de s'engager sur cette route, reprenons la chronologie des évènements...
Nous avons par avion effectué le trajet Montréal Calgary avec une escale à Edmonton :


Nous prenons possession de notre RV (Recreational Vehicle) CanaDream. Plus de 7,5 m de long et un slide sur le côté pour dormir. Une belle bête. 
On s'y est pris un peu tard pour la réservation ce qui fait qu'il n'est pas de toute première jeunesse : au cours du séjour, le ferme porte s'est arraché, la manivelle du skydôme s'est détachée et le tissu du canapé convertible tenait avec des aiguilles de couture... Mais bon.

Une petite carte pour visualiser nos pérégrinations dans l'ouest canadien :



Afficher Canada : Alberta et Colombie Britannique sur une carte plus grande

On fait le plein de nourriture dans les environs de Calgary et on décide de prendre la direction du Parc National de Banff tout de suite. On remet la visite de Calgary plus tard. Avant de s'engager plus avant, je décide de faire le plein en supposant que les stations service ne doivent pas courir les rues dans les parcs nationaux. L'aiguille indique un peu plus de ¾ du plein. Je ne devrais pas mettre beaucoup de carburant... Et bien je mettrais quand même plus de 70 l pour faire le plein. La bête est gloutonne... En montagne, notre calcul indique une consommation de plus de 25 l de super aux 100 km. Super engin de destruction écologique massive !


Banff National Park :


Les vues depuis la Transcanadienne vers le parc de Banff nous donnent un aperçu qui nous met l'eau à la bouche. L'échelle est démesurée par rapport au vieux continent et les perspectives larges. Un avant goût de l'imaginaire populaire développé durant l'enfance par les lectures des aventures dans les contrées sauvages du Grand Nord canadien (James Oliver Curwood, Jack London,...) :






Et nous arrivons enfin aux portes du "Banff National Park". Vu que nous voulons découvrir plusieurs parcs, nous faisons le choix rentable du "Park Pass" annuel familial (près de 140$). Sinon par jour pour une famille compter environ 20 $. Tarif qui varie un peu selon les parcs.



La journée étant bien avancée, direction le camping le plus proche : le camping "Tunnel Mountain". Bon, pas terrible. On est entassé le long de voies goudronnées. Mais on a besoin de prendre une douche...

Le lendemain matin, le 12 juillet, frais et dispo pour attaquer véritablement cette belle aventure, du moins nous l'espérons, nous prenons directement la direction du camping du lac Two Jack pour espérer avoir une place. Nous avons fait le choix de ne pas réserver nos campings pour avoir plus de liberté. La contrepartie, c'est que dans cette région, ne pas réserver est hasardeux vu l'affluence touristique ; surtout qu'on est dimanche... Superbe emplacement au milieu de peuplements de conifères et suprême bonheur, il n'y a pas grand monde.
Premier RdV avec la faune locale : un ours noir  (Ursus americanus) se balade sous le couvert des arbres le long de la route dans le camping. Il faut être attentif :




Mount Sulfure :


Rassurés quant à la nuit suivante, nous décidons de découvrir le Mont Sulfure. Nous prenons le téléphérique. Au sommet, vues panoramiques de toute beauté. On respire amplement. On profite :








La Bow River :


Après cet intermède vivifiant, on redescend vers la "Bow River" aux eaux bleues laiteuses :





On est juste à côté du "Fermont Banff Springs Hotel". D'architecture inspirée par les manoirs écossais, il fut construit par la "Canadian Pacific" pour assurer des nuits confortables aux voyageurs empruntant le chemin de fer :



Charmant, isn't it ?
Les petits s'en donnent à cœur joie pour jouer dans les galets de la rive de la rivière Bow.


Les Hoodoos :



On profite du temps ensoleillé pour visiter les Hoodoos ou "Cheminées de Fées" (autrement appelées "Demoiselles Coiffées"). Ce sont des colonnes sédimentaires coiffées d'un coiffe constituée d'une roche plus dure ce qui leur a permis de résister à l'érosion. Paysage de toute beauté :






Lac Minnewanka :


Avant de retourner au camping "Two Jack", ultime étape au lac Minnewanka où séjournent quelques chèvres :




En revenant vers le camping, un troupeau de cervidés s'offre à nos regards émerveillés au bord de la route :




Two Jack :


Une nuit de rêve nous attend au camping : au milieu des arbres, pas de voisins immédiats donc pas de bruits, et un feu de bois pour le BBQ (barbecue, institutionnel ici) avec des bûches laissées sur un site voisin. LE bonheur !



La chance ne nous sourit qu'un temps : la pluie nous attend à notre réveil le lendemain matin... Et bien tant pis. Le programme prévu la veille sera maintenu qu'il pleuve ou qu'il vente.


Johnston Canyon :



Premier arrêt au "Johnston Canyon". 
Petit aparté : ce qui est très confortable dans l'ensemble du Canada même anglophone, c'est que les panneaux dans les parcs nationaux sont traduits en français ;-).






Moraine Lake :


Le lac Moraine est à la suite du programme. À 13 km du village de Lake Louise. Lac glaciaire bordé d'un côté par la barrière des Ten Peaks (pics Wenkchemna) et de l'autre par des pentes plus douces couvertes de forêts profondes. 
Les randonnées possibles sont nombreuses dans les environs mais attention aux ours. Des groupes d'au moins quatre personnes (normalement bruyantes) sont requises pour éviter au max les mauvaises rencontres. 
Une eau d'un bleu superbe même sous la pluie. Et la pluie justement qui a fait fuir les badauds : on a le lac quasiment pour nous seuls.







Bon, on doit quand même dire que nous sommes déçus de ne pas voir ses eaux sous le soleil. Il paraît qu'elles deviennent alors d'un bleu laiteux, couleur due à la diffraction de la lumière du soleil sur les minuscules particules de roches arrachées à la montagne par le glacier.
Qu'importe, nous reviendrons trois semaines plus tard à la fin de notre périple dans l'ouest canadien. Décision prise du fait d'un soleil radieux lors de notre visite de Calgary et de prévisions météo rassurantes. 
L'effort kilométrique valait assurément la peine : les vues depuis  le pierrier (éboulis de roches) qui barre l'extrémité nord du lac haut d'une quarantaine de mètres sont superbes : it's amazing !







Pour ceux qui disposent de moyens financiers plus importants que les nôtres, tout est prévu pour passer la nuit. Cela ne doit pas être mal :






Lake Louise :


Juste à côté du lac Moraine, son voisin plus célèbre : le lac Louise ou "lac des petits poissons" comme le nomme le peuple originaire de la région, les Assiniboines. 
Ce lac d'abord appelé Emerald Lake changea de nom en 1884 en l'honneur de la princesse Louise, quatrième fille de la reine... Victoria. Encore elle ! 
Un sentier de 3 km en fait le tour et permet d'avoir une vue depuis l'autre extrémité du lac sur l'énorme barrage morainique déposé autrefois par le glacier Victoria beaucoup plus vaste qu'aujourd'hui sur lequel est construit le Château Lake Louise
Ce recul des glaciers du au réchauffement global des températures préoccupent d'ailleurs les autorités canadiennes : ce sont eux qui permettent de lisser la fourniture de la quasi totalité de l'eau potable à la population canadienne tout au long de l'année et surtout pendant les mois d'été. 
De cette autre extrémité du lac, partent des sentiers de randonnées de plusieurs jours. Le risque de rencontres avec les grizzlis est ici aussi non négligeable et les mêmes précautions qu'au lac Moraine sont à suivre. 
Là encore nous nous y reprendrons à deux fois à trois semaines d'intervalle pour admirer ce lac sous les nuages et sous le soleil :









Sa popularité plus marquée que son voisin se traduit immédiatement par une affluence très nettement supérieure. Mais il suffit de faire quelques centaines de mètres sur les sentiers pour de nouveau respirer librement. Sans sa voiture, l'Homme moderne n'est plus rien !
Bon, il a beau être plus célèbre, je préfère tout de même le lac Moraine. Plus grandiose avec les sommets à pic qui l'entourent sur un côté.


Yoho National Park :


On reprend la route vers le sud-est le lendemain matin, 14 juillet, jour de fête nationale. Mais pas du Canada
Direction le Parc National de Yoho en Colombie Britannique avec au programme du jour les Takkakaw Falls sur la Yoho River, Natural Bridge et le lac Emerald (encore un !).

Takkakaw Falls :


On apercevra les Takkakaw Falls sous une pluie battante. Takkakaw signifie en langue cri : "C'est merveilleux !". C'est donc le nom adéquat pour cette chute qui est l'une des plus haute du canada avec 254 m. 
Il pleut tellement que je ne pourrais pas lever l'objectif de l'appareil photo (pas étanche) pour la prendre en photo...
Par contre quelques clichés de la rivière Yoho :





Yoho Valley :


Dans la "Yoho Valley", des wapitis femelles nous tiendront compagnie quelques instants sous la pluie :



La vallée de la Yoho est très belle même sous la grisaille :







Natural Bridge :


Le temps semble se lever. En route vers le belvédère "Natural Bridge" sur la route du lac Emerald
Ce pont naturel a été creusé par la rivière Kicking Horse dans le roc calcaire. Le lit de cette portion de la rivière du "Cheval-qui-rue" subit une érosion intense du fait de la dissolution et de l'abrasion de la roche calcaire par les eaux tumultueuses chargées de sable et de gravier :








Emerald Lake :


Quelques km plus au nord ouest, Emerald Lake nous tend les bras. Son nom est adapté puisque ses eaux sont vraiment de couleur émeraude. 
Découvert en 1882 par Tom Wilson, il s'agit d'une assez grande étendue d'eau qui par temps calme reflète tel un miroir bleuté les sommets environnants. 
Nous ferons la petite balade familiale du bord du lac qui nous offrira des vues somptueuses :









Pour les amoureux de géologie et de randonnées pédestres, Emerald Lake est le point de départ d'une randonnée d'une journée, ardue puisque sur des terrains escarpés, sur le Mont Field pour découvrir les gisements fossilifères de renommée mondiale que sont "Burgess Shale" ou "Schistes de Burgess" découvert en 1909 par le paléontologue Charles Walcott
De renommée mondiale puisqu'il s'agit ni plus ni moins du plus riche gisement fossilifère de vie marine datant du Cambrien  soit de l'ère primaire. Des traces de vie marine à cette altitude peut sembler bizarre. Et pourtant, tout est logique : l’orogenèse des Rocheuses a soulevé le socle océanique. 
Ce n'est pas l'envie qui nous manque d'aller y jeter un œil pour visualiser la réalité d'un cours magistral de géologie suivi en licence mais les deux petits ne tiendraient pas le choc et certains portions paraissent dangereuses pour les petiots.
Précision : la présence d'un guide est obligatoire pour la préservation du site.



On essaiera de revenir lorsque les enfants seront grands. L'espoir fait vivre !
On récupère la "Icefields Parkway" momentanément quittée et on file plein nord. Retour en Alberta.

Crawfoot Lake :


On s'arrête dans une aire de repos un peu à l'écart de la route en face du "Crawfoot Lake" alimenté par le "Crowfoot Glacier". On a connu pire comme vue depuis un site de camping :




Lever le lendemain matin (15 juillet) dans le brouillard et le froid. On reprend vite la route pour que la chaleur du moteur nous réchauffe.

Peyto Lake :

 

Quelques km à parcourir le long de la route qui permet des points de vue superbes pour arriver au lac Peyto :





Au détour du "Bow Summit", apparaît l'entrée du parking du belvédère du lac Peyto à gauche de la route :





Le lac Peyto tire son nom tout comme le glacier qui l'alimente du nom d'un guide de montagne qui le découvrit au début du XIX è siècle. Lac célèbre pour la couleur de ses eaux bleu-vert à turquoise. 
On peut observer du belvédère le Mont Mistaya et le Pic Peyto. La limite du lac marque le début de la vallée de la Mistaya :







Nous ferons une randonnée en arrière du lac vers les sommets pour obtenir une plus belle vue sur le lac et la vallée :




Mistaya Canyon :


Le canyon de la rivière Mistaya nous offrira ses flancs comme lieu de pique nique :






La rivière Mistaya, qui prend sa source au lac Peyto, s'engouffre dans ce canyon étroit après avoir coulé dans une vallée à fond plat. Les marmites de géants, creusées dans le roc par des tourbillons d'eau entraînant des cailloux, indiquent les différents niveaux antérieurs de la rivière. L'eau qui gronde au fond de cette gorge continue à éroder le calcaire. 

North Saskatchewan River :


La rivière Mistaya se jette en aval dans la partie nord de la rivière Saskatchewan, que voici que voilà :






Jasper National Park :


Columbia Icefield :


Nous prolongerons vers le nord vers "Columbia Icefield". Situé à la limite sud du Parc National de Jasper (parc national le plus grand et le plus au nord des quatre parcs des Rocheuses canadiennes), le champ de glace Columbia est un vestige de l'épaisse masse de glace qui recouvrait autrefois les montagnes de l'Ouest canadien. 
Malgré son recul très important ces dernières décennies, il reste le plus grand champ de glace des Rocheuses canadiennes. Près des trois quarts des plus hauts sommets du parc se trouvent près de ce champ de glace.  La plupart des précipitations annuelles très importantes y tombent sous forme de neige et peuvent atteindre sept mètres par année!
Normalement, puisqu'il tombe plus de neige dans une année que ce qu'il peut en fondre durant les courts étés, celle-ci s'accumule. Avec le temps, la neige se transforme en glace et s'écoule en langues de glace ou glaciers qui sont au nombre de quatre (si on ne compte que les plus importants dont le glacier Athabasca qui alimente la rivière du même nom). 
Pourtant avec le réchauffement climatique, le recul du glacier se compte en centaines de mètres : 1500 m depuis la fin du XIX è siècle... avec une accélération depuis les années 1970. Des fragments de bois retrouvés sous la glace après le recul du front du glacier tendrait à prouver la présence d'une forêt dans des temps plus anciens : 





Là, il est rappelé partout le danger de franchir sans guide les barrières de sécurité, danger dû à la présence de crevasses cachées. 
Pour les enfants de cinq ans, le danger est aussi avant les barrières de sécurité : comme j'expliquais aux enfants l'histoire d'un garçon tombé dans une de ces crevasses et jamais retrouvé, notre cadet me regarde bouche bée et oublie de regarder où il pose ses pieds. Il trébuche sur un rocher affleurant. Il tombe tête la première sur les cailloux aux arrêtes vives.
Résultat des courses : arcade sourcilière ouverte, verre de lunette troué (merci les lunettes qui ont protégé les yeux) et du sang partout. Les gens très sympa accourent pour connaître l'origine des cris et pleurs et nous proposent leur aide. 
Une ranger du centre d'information tout proche le prend en charge et lui pose strip et pansements spiderman (ce qui fait du bien aux bobos). Heureusement, plus de peur que de mal. Ce qui évite la prise en charge par hélicoptère vers le premier centre de soins digne de ce nom. On est encore à plus de 70 km de la fin de la route de "Icefields Parkway"... Mais le petit gardera une cicatrice à vie. Cela aurait mérité des points de suture malgré tout. 
Un souvenir indélébile de ce périple.

Cette péripétie nous a mis les nerfs en pelote et nous rappelle les risques d'emmener des enfants en bas âge dans de tels voyages. Le maillage des centres de santé est plutôt lâche ici même si ce n'est pas la brousse...

Athabasca Falls :


Dernière étape du jour, les chutes Athabasca : "Athabasca Falls", 62 km plus loin. Canyon spectaculaire où s'engouffrent les eaux limoneuse et érosive de la rivière Athabasca dans un bruit assourdissant. 
Une balade de 20 minutes est proposée.
En arrière plan, vue sur le Mont Kerkeslin :











Téléphérique du Mont Whistlers :


Puis on part à la recherche d'un endroit où dormir. Sur le bord de la route, un attroupement. Il y a là un ours noir (Ursus americanus) qui cherche de la nourriture en retournant les pierres.
Comme quoi l'accident survenu à "Columbia Icefield" qui nous a retenu plus longtemps que prévu nous a permis d'être là au bon moment pour apercevoir cet ours... Je n'ai pas eu le temps de sortir l'appareil photo mais le caméscope, si ! À voir dans le film en fin d'article...
On arrive à la petite ville de Jasper et là encore sur le bord de la route, rencontre avec un wapiti mâle (elk) d'une dizaine d'années :



On dormira en free camping sur le parking du téléphérique à 900 m d'altitude qui permet de rejoindre le Mont Whistlers à 2400 m d'altitude. 
Le lendemain matin, coyotes en vue :





Maligne Lake :


Puis on prend la route du lac Maligne. Lac glaciaire le plus grand des Rocheuses et l'un des plus renommés et on comprend pourquoi. 
Comme le temps est doux et au beau fixe, on décide de louer un canoë pour profiter au maximum du site. Bon, pas de canoë disponible. 
On se rabat sur une barque. Plus lourde et moins maniable, et un seul moteur : moi, en l’occurrence !









L'inévitable vidéo pour illustrer cette superbe route "Icefiels Parkway". Sinon, ça sert à quoi due je me décarcasse, hum ?



Et cette superbe journée marque la fin momentanée de notre séjour en Alberta et par la même occasion sur la "Icefields Parkway".
On prend la direction de la "British Columbia" en prenant la route vers Clearwater Des forêts sombres de résineux à perte de vue, des montagnes, des chutes d'eau, l'Île de Vancouver nous attendent. 

Nous reviendrons dans l'État de l'Alberta par le sud via le Parc National des Glaciers après notre échappée aux États Unis dans les Parcs Nationaux de Yellowstone et des Grands Tetons

À bientôt.





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